Harpiste au parcours atypique

Ce sont peut-être ses origines diverses qui ont conduit Magali Zsigmond à sortir des sentiers battus et à faire entendre sa harpe sous un angle nouveau. Voyez plutôt : un illustre grand-père Japonais descendant de Samourai, un nom Hongrois, un prénom provençal et de très anciennes racines Rochelaises… Elle ne pouvait donc pas jouer de la harpe de façon classique !

La harpe depuis le début

Tout commence pourtant de façon très conventionnelle : La musique faisant partie de l’éducation familiale, Magali commence à 7 ans l’apprentissage du violon et s’invente des petites mélodies sur le piano familial. Mais c’est la harpe qui l’attire à 9 ans, parce que « c’est grand et ça sonne beau… » ! 

Elle effectue alors toutes ses études musicales au Conservatoire National de Région de Grenoble jusqu’à la Médaille d’Or. 

S’ensuit une année d’études à l’École Normale de Musique de Paris en « Diplôme d’Exécution ». Elle suit également des cours d’écriture musicale au Conservatoire de Grenoble (Harmonie et Contrepoint) pendant 3 ans et effectue un bref passage à la Fac de Musicologie.

Lors d’un séjour de 8 mois au KOWEIT dans un hôtel luxueux où elle pratique la musique d’ambiance avec un violoniste et un bassiste, elle s’initie au JAZZ et décide alors d’étudier ce style de musique. Ce qui s’avère assez compliqué car il n’existe à cette époque aucune école, ni aucune méthode de harpe jazz..

Une rencontre décisive

Après 2 ans de cours d’harmonie jazz à Grenoble, elle rencontre la harpiste de jazz Américaine Deborah Henson-Conant lors d’un stage en Écosse. La rencontre est décisive et Magali décide, en 1991, de partir aux USA à Boston étudier pendant un an avec cette harpiste dont la renommée est internationale.

En 1993, Magali remporte le 1er Prix du Concours International de Pop et Jazz HarpFest à Chicago. Elle est alors invitée à se produire lors de la 31e Conférence Nationale de l’American Harp Society à Boston (1994), puis au Pop et Jazz HarpFest à Tucson, USA (1995).

Un tour du monde en musique

Dans le même temps, elle donne également de nombreux concerts avec le flûtiste de Pan Jean-Claude MARA en France et partent en tournée en Allemagne, Israël et Japon entre 1993 et 1998. Ils enregistrent ensemble un CD « ALLEGORIA » Cette musique « poétique improvisée » l’initie à une forme de concert où le public très silencieux et recueilli est invité à la méditation, sorte de musique New Age.

Magali Zsigmond crée son 1er trio jazz en 1995 (harpe, basse, batterie) et donne quelques concerts à Paris et région parisienne, avant de venir s’installer à La Rochelle en 1997. Elle forme le « MZ TRIO » avec Bruno Delepouve à la batterie et Patrick Manet à la contrebasse.

Les concerts les amènent dans toute la France de Bourges à Cogolin en passant par Clermont-Ferrand, Maubeuge, Dinan, Fontenay le Comte, Niort, etc.…

Sortie du CD « TOUT VA BIEN » en Août 2000, dont les compositions constituent la majorité du répertoire.

À partir de 2001, Magali se passionne pour la harpe celtique électrique (l’Electro-harpe), rajoute un pédalier d’effets et commence à écrire un tout nouveau répertoire.

Le trio devient le groupe « Magali Zsigmond N’ Friends » avec Patrick Manet (contrebasse) et Luc Diabira (batterie) tous deux musiciens connus de la scène Rochelaise et Nationale. Magali utilise dès lors ses 2 harpes électriques sur scène et le répertoire s’enrichit de compositions pour la harpe celtique électrique.

Elle sort en Juin 2007 un nouvel album « HARPA INCOGNITA », cd de harpe celtique électrique teinté de quelques machines électroniques, orchestrées par Pascal Lamour « l’electro-shaman » Breton, qui viennent enrichir et se fondre dans le son puissant de cette electro-harpe.

Elle a été invitée également au Festival Français de Canton en Chine et à 2 reprises au Festival Mundial del arpa à Asuncion au Paraguay (2009 et 2016).

Elle joue régulièrement au sein du groupe « CLASSIK BITIBAK » de Simon Nwambeben, chanteur guitariste Camérounais, installé à Nantes et dont le groupe est constitué de guitare/chant, harpe, violoncelle, batterie… un autre métissage atypique !

Une musique intérieure et une harpe envoutante

Autre collaboration avec la conteuse Justine Devin pour des spectacles « contes musicaux » (Contes au Vent d’Hiver pour les petits et grands enfants, Contes « Sur la Corde d’Eros » pour grands adultes).

En 2016, Magali a créé un groupe expérimental OZ’Éphémère : harpe celtique électrique, effets électroniques et voix, accompagnée de Sophie Perrain, saxophones et effets et Bruno Delepouve à la batterie. Le challenge étant de tester une improvisation libre à 3 instruments sur le thème de la nuit, comme une sorte d’expérience sensorielle ou de voyage onirique.

Depuis plus de 20 ans, Magali multiplie les expériences musicales, avec ses 2 harpes électriques : soit conventionnelles (musique d’ambiance dans des hôtels ou évènementielle), soit atypiques. Son mélange de styles sort la harpe des sentiers habituels où elle est généralement attendue.

En concert solo avec ses compositions personnelles, sa musique est métissée, à la croisée de tous les chemins qu’elle a empruntés : des compositions au confluent du classique, du celtique, du jazz et de l’improvisation. Elle révèle une énergie inédite aux sonorités nouvelles.

« Une soirée de rêve enchantée, une artiste à découvrir absolument : Magali Zsigmond et sa harpe électrique au répertoire surprenant, mêlant classicisme et folk rock mâtiné d’electro, un pur bonheur » (Ronnin pour Rochefort en Accord).

De plus en plus attirée par ses racines et afin d’aller plus loin dans sa quête personnelle, Magali s’intéresse à toute forme de pratique spirituelle et au chant diphonique. Sa harpe et sa voix résonnent sur une route de la soie imaginaire et personnelle, reliant la Hongrie et le Japon en passant par la Mongolie et le Tibet… Tout un chemin initiatique à travers la harpe et la musique…

Origines

Petite histoire généalogique ou comment les mélanges se font

L’histoire est assez originale pour qu’elle mérite d’être racontée :

Ma grand-mère paternelle Elsa Landesman, de religion juive, naquit dans l’empire austro-hongrois en 1896 à Eger, petite ville de l’Est de l’actuelle Hongrie.
Elle était professeur de mathématiques.
Elle rencontra un médecin, Louis Zsigmond, juif également, né en 1893 à Zollna, ville connue de nos jours sous le nom de Zilina située dans l’actuelle Slovaquie. Jusque là, quoi de plus banal : ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants. Que nenni! Ils se marièrent en effet, puis se séparèrent pour des raisons inconnues. Louis Zsigmond émigra vraisemblablement en Amérique du Sud pour fuir très certainement le régime nationaliste, et là nous perdons sa trace.

Elsa arriva en France, à Paris. Dans les années trente, elle rencontra à La Sorbonne un Japonais du nom de Nyoïti SAKURAZAWA. Cet homme était en train d’introduire en Occident la Macrobiotique dont il est le fondateur, et écrivait des livres sur ce sujet sous le nom de Georges OHSAWA, homme bien connu des adeptes d’alimentation saine et de philosophie Extrême-Orientale.
Elsa, intellectuelle brillante, l’aida à traduire ses livres…Ils vécurent quelques mois ensemble en région parisienne.

Quand Georges Ohsawa regagna le Japon, il apprit qu’il avait un fils et déclara sa naissance à la mairie de Tokyo ! Ce que nous apprendrons des années plus tard !
Elsa, quant à elle, accoucha à Aix-en-Provence et éleva seule son fils, Kazou. Et surtout lui donna le nom de son mari Hongrois disparu : ZSIGMOND

Voilà comment une famille entière porte le nom d’un parfait inconnu !

Kazou, devenu adulte, rencontra une charmante demoiselle (qui devint ma mère…),  originaire de La Rochelle  depuis 5 générations !

Un extraordinaire arbre généalogique remontant jusqu’en 1650 atteste de ces ancêtres, dont une des rues de La Rochelle porte le nom : Meschinet de Richemond..!